The Red and the Blue est une série d'animations en image par image réalisée à partir des années 1970 par le studio Misseri (fondé par Francesco Misseri et basé à Florence), à qui on doit également Mio Mao et Quaq quao. Ces séries étaient essentiellement diffusées dans les émissions pour enfants et je pense qu'elles ont marqué une génération.
The Red and the Blue était peut-être pour un public un tout petit peu plus âgé (on l'a retrouvée notamment dans l'émission Cellulo, consacrée à l'animation en général et qui passait sur France 5 dans les années 1990).
Le principe est celui d'un gros personnage naïf (rouge) vaguement humanoïde, taquiné par un petit bleu adoptant des formes totalement variées. En pâte à modeler entièrement formée à la main, en stop motion, et bruité à la bouche (sans qu'aucun mot soit généralement reconnaissable), ce qui devait représenter un travail phénoménal pour des épisodes de quelques minutes.
Une série qu'on regarde avec tendresse et nostalgie... et justement, le studio Misseri vient de publier sur sa chaîne YouTube une compilation de 5 épisodes! La voici, ci-dessous, à regarder avec un paquet de bonbons à portée de main!
Aujourd'hui je répare tardivement une immense injustice, celle de n'avoir jamais parlé, sur ce prolixe blog d'un groupe relativement récent que j'adore : Beyond The Black.
Formé en 2014 en Allemagne, ce groupe emmené par la très charismatique Jennifer Haben au chant, le groupe officie dans un power metal très efficace aux mélodies irrésistibles. J'ai été très marqué par la sortie en 2023 de leur album éponyme (avec les titres Is There Anybody Out There?, Winter Is Coming ou encore Reincarnation) mais aussi dès 2016, époque à laquelle je les ai découverts, lors de la sortie de l'album Lost In Forever (et la chanson du même nom, véritable tube dans le style). Il était plus que temps de réparer cette injustice, donc.
Aujourd'hui la sortie du 6ème album, intitulé Break The Silence, est imminente puisque prévue le 9 janvier 2026, soit... demain! Plusieurs titres ont déjà été révélés, et notamment - si j'ai bien compris - plusieurs d'entre eux forment une sorte d'histoire cohérente.
Plus important encore, le groupe sera à Paris au Bataclan le 17 janvier, c'est-à-dire la semaine prochaine. Et votre serviteur y sera avec (une partie) de sa progéniture! Hâte!
Ci-dessous je place la vidéo de leur concert au Wacken Open Air 2025 (seulement 3 titres, je doute que ce soit leur prestation complète), ainsi que quelques vidéos clip (officiels) de certains des titres les plus marquants du groupe.
Beyond The Black - Live at Wacken Open Air 2025 (ou au moins un extrait)
Beyond The Black - Lost In Forever (tiré de l'album du même nom en 2016)
Beyond The Black - Is There Anybody Out There? (qui ouvrait magistralement l'album Beyond The Black en 2023)
Beyond The Black - Reincarnation (second titre de l'album Beyond The Black)
Beyond The Black - Into The Light (à nouveau extrait de l'album Beyond The Black)
Beyond The Black - Rising High (premier titre révélé de Break The Silence)
Beyond The Black - The Art Of Being Alone (avec la participation en chanteur invité de Lord Of The Lost), magnifique et un rien dépressif
Beyond The Black - Break The Silence (tiré de l'album du même nom... j'adore)
L'un des auteurs de Fluide Glacial les plus populaires nous a quittés cette semaine...
Adieu Edika, maître du surréalisme absurde, spécialiste du blougou à sens giratoire inversé ! Bronsky Proko, sa femme Olga, leur fils Paganini et leur fille Georges, sans oublier le chat Clark Gaybeul sont orphelins, comme nous tous!
En ce premier jour de décembre, la météo est relativement clémente mais la circulation sur les routes ne l'est pas. Après tout une galère pour atteindre la métropole lilloise, je rejoins (avec un peu d'avance, heureusement) la sympathique petite salle du Splendid où se produit ce soir un groupe que je connais depuis ses débuts au début des années 2000, à savoir les Milanais de Lacuna Coil. Je me suis décidé tardivement, mais il y avait encore de la place, je craignais donc que la fréquentation ne soit pas à la hauteur. La suite m'a rassuré.
Le temps de me procurer un sandwich et une boisson que j'avale rapidement, je rejoins la salle. Elle est bien sûr en configuration concert, la majorité des sièges démontés à l'exception de ceux situés derrière la table de mixage.
Setlist de NonPoint :
Breaking Skin
What A Day
Chaos And Earthquakes
Dodge Your Destiny
Buscándome
Ruthless
A Million Watts
In The Air Tonight
Rabia
Alive And Kicking
Bullet With A Name
La première partie est assurée ce soir par un groupe que je ne connaissais pas, Nonpoint. C'est un groupe originaire de Floride, mais dont le chanteur Elias Soriano précise qu'il vient de Porto Rico, et chantera plusieurs fois en Espagnol (même si, votre serviteur l'avoue, il a eu du mal à distinguer réellement les mots en Espagnol). Il est catalogué comme du nu-metal, voire parfois rapcore, mais à l'entendre ce soir c'est une caractérisation qui ne m'est pas très compréhensible (surtout la seconde!).
Alors certes il a débuté à la fin des années 1990, en plein essor du nu-metal à la suite de nombreux groupes, mais je veux croire qu'il a, comme eux d'ailleurs, beaucoup évolué au fil de ses 12 (!) albums vers un heavy metal plus traditionnel mais ô combien énergique. Le groupe est vraiment monté sur ressort et fait un boucan incroyable dès ses premiers titres, la faute peut-être à un réglage sonore pas tout à fait au point, avec notamment trop de basse par rapport aux autres instruments.
Le chant est assez peu mélodique, mettant plus l'accent sur l'énergie pure et des couplets hypnotiques parfois à la limite de l'incantation. Les deux guitaristes ainsi que le bassiste ne sont pas en reste, tant ils sautent dans tous les sens par moments tout en jouant de leur instrument. Le batteur est inhabituellement placé, de profil par rapport au public plutôt que de face en fond de scène ; on a ainsi l'avantage de le voir jouer. Un total de 11 titres est joué ce soir, avec pour ce qui me concerne un « Dodge your Destiny » et « Alive And Kicking » qui m'ont davantage marqué. Également le dernier titre, « Bullet With A Name », où le chanteur mime un tir de révolver, mériterait d'avoir des paroles plus explicitées. Enfin, plus inattendue, une reprise du « In The Air Tonight » de Phil Collins, dans une version plus sombre et hypnotique.
Au final, un set de la part de Nonpoint très américain, beaucoup plus que ce à quoi je suis habitué, dans la veine de groupes de type Korn. Moment amusant d'ailleurs lorsque pour plaisanter le chanteur présente le groupe (dont le nom figure en fond de scène et sur les tshirts) : « it's spelled Korn ». Autre moment marquant, lorsque les techniciens de Lacuna Coil déboulent sur scène entre deux chansons avec des boissons, un beau moment de fraternité (voir la vidéo ci-dessous) pour la dernière date de cette tournée conjointe de deux mois.
J'ai apprécié, ça change du métal « à l'Européenne » duquel je suis plus familier.
Le public, déjà bien dense, se resserre, au moins dans les premiers rangs, pendant que les techniciens procèdent à l'installation de la scène pour le groupe tête d'affiche de ce soir, Lacuna Coil. Il y a beaucoup de têtes chevelues, mais aussi, j'ai trouvé, pas mal de crânes un peu dégarnis! La scène ne fait pas dans les fioritures excessives : un laconique logo Lacuna Coil en fond de scène, des effets lumineux minimalistes... on est dans une petite salle avec un seul objectif : la musique.
Comme je l'écrivais plus haut, il s'agit d'un groupe que j'ai découvert très tôt, à la fin des années 1990 alors que se multipliaient en Europe les groupes à chanteuse type The Gathering, Nightwish, Within Temptation ou Epica. C'était l'époque de To Myself I Turned, une chanson très mélancolique et mélodieuse tirée de leur premier album In A Reverie qui m'avait beaucoup marqué. Comalies sorti en 2002 était un également point d'orgue avec des chefs d’œuvre tels que Heaven's A Lie. D'ailleurs, le groupe a ressorti Comalies dans une version « modernisée » en 2022, principalement sur le plan du chant masculin, sous le nom Comalies XX.
Par la suite, le groupe a en quelque sorte traversé l'Atlantique et vraiment infléchi son style, beaucoup plus influencé par des groupes américains après avoir notamment collaboré avec Rob Zombie ou Megadeth (je recommande leur version de « À tout le monde » avec Cristina Scabbia en guest vocalist). À partir de ce moment, le style du groupe est clairement devenu plus dur, s'éloignant beaucoup de ses origines, sans pour autant les renier. C'est particulièrement sensible depuis la sortie de leur album Delirium en 2016.
Setlist de Lacuna Coil :
Layers Of Time
Reckless
Hosting The Shadow
Kill The Light
Die & Rise
Spellbound
In The Mean Time
Intoxicated
Downfall
Heaven's A Lie XX
In Nomine Patris
Blood, Tears, Dust
Gravity
Oxygen
Nothing Stands In Our Way
The Siege
I Wish You Were Dead
Swamped XX
Never Dawn
C'est dans ce contexte, et après la sortie de leur dernier album Sleepless Empire, en 2025, que s'inscrit le concert de ce soir.
Le groupe arrive sur scène vers 21h, les guitariste, bassiste et batteur arborant des maquillages blancs et noirs dignes d'un groupe de black metal. Alors certes musicalement on est loin du black metal, mais d'emblée le groupe attaque le concert par le côté le plus dur avec Layers Of Time. La voix masculine d'Andrea Ferro hurle ses couplets saturés et même son growl, loin du style plus sage des premiers albums du groupe.
C'est contrebalancé par la voix plus douce et lancinante de Cristina Scabbia qui a fait la renommée du groupe et il faut reconnaître qu'elle est plus en forme que jamais. J'ai beaucoup aimé la « dégaine » un peu « dandy gothique » d'Andrea, et sa capacité de front-man aguerri sans jamais voler la vedette à Cristina.
En revanche quelque chose m'a un peu dérangé dans la mesure où la musique du groupe, sur album, recourt à des claviers, non représentés sur scène. De fait, on se rend compte vite que ces parties sont enregistrées, ce qui je trouve gâche un peu le côté spontané. Mais c'est également très compréhensible dans la mesure où les parties de clavier sont apparemment assurées sur album par le bassiste Marco Coti Zelati. On ne peut pas être au four et au moulin... mais peut-être un claviériste de session aurait pu faire l'affaire?
Mais ne boudons pas notre plaisir! J'ai particulièrement aimé quelques titres que je liste ici, parce qu'ils m'ont marqué ou impressioné. Cela n'enlève évidemment rien aux autres: Hosting The Shadow (premier single extrait de l'album Sleepless Empire, sur laquelle figurait en guest singer Randy Blythe de Lamb Of God), Spellbound (album Shallow Life, 2009), Heaven's A Lie XX (version modernisée en 2022 de leur titre sorti sur Comalies en 2002), Oxygen (tiré de Sleepless Empire à nouveau), I Wish You Were Dead (incroyable morceau tiré de Sleepless Empire), Swamped XX (tiré de Comalies XX) et Never Dawn qui clôturait à la fois l'album Sleepless Empire, le concert de ce soir et la tournée.
Toujours dans l'esprit de fraternité qui régnait ce soir, les musiciens de Nonpoint ont également retourné la politesse en débarquant sur scène avec des bières pour l'ensemble du groupe, l'occasion de quelques câlins. Étonnant de voir ces musiciens qui étaient précédemment hyperactifs sur scène, longs cheveux détachés et en bataille, arborer cette fois des looks et une attitude beaucoup plus sages. Les lunettes du guitariste, en particulier, ça change tout.
Ci-dessous quelques vidéos que j'ai pu shooter (comme j'ai pu) lors de ce concert. Il sera facile d'en trouver d'autres sur YouTube.
Une excellente soirée en tout cas, ça m'avait manqué tout ça.
Nonpoint : Breaking Skin
Nonpoint : Dodge Your Destiny (extrait)
Nonpoint : In The Air Tonight (reprise de Phil Collins)
Une petite pause offerte par Lacuna Coil à Nonpoint
Une fois n'est pas coutume, ce n'est pas de musique que je parlerai aujourd'hui mais d'un roman, ou plutôt d'une série de 4 romans, de Science-fiction nommé Esperanza 64, signé Julien Centaure.
Le premier tome, intitulé La traversée, relate le voyage d'un vaisseau Esperanza, le soixante-quatrième du nom, au départ d'une Terre saturée à tous points de vue, parti coloniser une exo-planète orbitant autour de l'étoile Epsilon Eridani dans le cadre du projet international Exodus par lequel les humains, plus ou moins consentants, vont essaimer dans l'univers. Dans les soutes du vaisseau, en état de cryogénisation, environ 25 millions de personnes tirées au sort.
Essayant de planifier un voyage dont on ignore presque tout, en usant de frondes gravitationnelles pour acquérir la vitesse nécessaire tout en assurant la trajectoire voulue, et c'est parti pour un voyage d'environ 15000 ans pour parcourir les quelque 10 années-lumière qui nous en séparent. À l'arrivée il faudra aussi être capable de freiner, en profitant là encore du champ gravitationnel de l'étoile.
La lecture de ce premier tome laisse une impression de vertige devant l'immensité de l'espace, du temps et des difficultés qui se présentent à l'équipage, qui se réveille de sommeil cryogénique à intervalles réguliers pour assurer la maintenance du vaisseau dont même les isolants électriques subissent une dégradation due au temps qui s'écoule si lentement. Il n'est pas rare qu'entre deux chapitres quelque 5000 ans se soient écoulés. Que s'est il passé sur Terre entre temps ?
Les trois tomes suivants, intitulés respectivement Terra, Sécession et Lumière, sont davantage consacrés à l'adaptation à un nouvel environnement et surtout au développement d'une société différente sous l'impulsion de l'héroïne, qui endosse le rôle d'une Guide qui détermine le destin de l'humanité colonisatrice. Il s'agit bien sûr de ne pas reproduire les erreurs commises sur Terre, à commencer par le respect de l'environnement, et peut-être offrir un visage plus civilisé de l'humanité aux autres civilisations qui ne manquent pas de se manifester.
Ces objectifs louables justifient-ils la mise en place d'une dictature écologique ? Toutes les méthodes employées sont-elles légitimes ? Le silence sur ces méthodes est-il complice ? Jusqu'où faudra-t-il aller pour vraiment changer la nature humaine ? Comment gérer les oppositions ?
Les questions soulevées relèvent souvent de la philosophie politique utopiste, mais pas naïve, le tout sur fond d'aventure spatiale, moins isolée que celle du premier tome mais tout aussi passionnant.
Une série qui m'a vraiment tenu en haleine et dont on tourne la dernière page avec regret. Je la recommande vivement aux amateurs de « space opera ». On est loin de Star Wars mais le fond est nettement plus intéressant.
Le Prince des Ténèbres, le MadMan, la légende Ozzy Osbourne s'en est allé.
L'un des pionniers du Heavy Metal, co-fondateur de Black Sabbath à la toute fin des années 1960, nous a quittés hier 22 juillet 2025. Il avait 76 ans.
Il se savait mourant (voir son dernier message ci-dessous), atteint entre autres de la maladie de Parkinson, et souffrant toujours plus après une opération chirurgicale de la moelle épinière qui s'était mal passée et l'avait laissé incapable de marcher. Il avait tenu, avant de tirer sa révérence, pour « ne pas partir silencieusement », à faire un dernier concert intitulé Back To The Beginning, le 5 juillet dernier dans sa ville natale de Birmingham (il y avait débuté comme plombier!), accompagné de multiples groupes amis et surtout de ses complices de toujours : Geezer Butler, Bill Ward et Tony Iommi, respectivement bassiste, batteur et guitariste de Black Sabbath bien sûr, mais aussi Zakk Wylde qui l'a si souvent accompagné à la guitare lors de sa carrière solo.
On le voyait diminué bien sûr mais toujours plein de cette flamme et de cette folie qu'il entretenait depuis que, en 1971, il nous avait offert avec ses comparses ce magistral Paranoid au riff inoubliable. Après son départ de Black Sabbath dans les années 1980 (où il avait été remplacé par une autre légende, Ronnie James Dio), il a eu une carrière solo prolifique puis annoncé au début des années 1990 prendre sa retraite ... avant de rempiler avec une nouvelle tournée intitulée « Retirement sucks ».
C'est toute la communauté rock et métal qui est en deuil aujourd'hui, la vague d'émotion est mondiale. On en a même parlé en France, c'est dire.
Adieu Ozzy, et merci !
Ci-dessous:
son dernier message sur les réseaux ;
sa prestation de 30 minutes au concert Back To The Beginning, avec en particulier un avant-dernier titre « Mama, I'm Coming Home » très touchant, prestation qui précédait celle de Black Sabbath ;
le clip officiel de Paranoid de 1970, l'une des premières vidéos (si ce n'est la première) du Black Sabbath des débuts.
edit: l'intégration de la vidéo depuis Facebook ne semble pas fonctionner, je copie donc ici la retranscription de son dernier message.
I'm dying, it's a fact. There is not need for a doctor to tell me. That farewell performance was something I insisted on doing. I don't want to disappear silently. I have to say goodbye in person. I though spinal surgery could save me, but it turned out to be even worse. The combination of nerve damage, infection and Parkinson's disease crushed me. During the three months after the surgery, I was almost a useless person and even flipping over hurt like a knife. Nowadays, people have to push wheelchairs wherever they go. I regret having that surgery, but no one told me at the time that keeping it as it might be better. It's not those doctors that keep me alive, but Sharon, that woman who supported my messy life. She knew how terrible I was when I was young. She should have dumped me countless times but never left. I can't sing, I can't sing anymore but this time I have to stand on the stage, even if I'm sitting, I want everyone to see, no matter how weak my body is, the Dark Prince is still here, alive.
Au hasard de ma balade sur YouTube, je suis tombé sur cette bizarrerie ... et je crois que personne n'était prêt pour ça! Voici l’inénarrable Gangnam Style repris par Feuerschwanz, groupe de folk metal allemand qui s'est déjà illustré par d'autres bizarreries. Mais une seule sera bien suffisante pour ce court billet...
L'original du chanteur coréen Psy était, me semble-t-il, la première vidéo publiée sur YouTube à dépasser le milliard de vues.