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samedi 9 août 2025

Esperanza 64

Une fois n'est pas coutume, ce n'est pas de musique que je parlerai aujourd'hui mais d'un roman, ou plutôt d'une série de 4 romans, de Science-fiction nommé Esperanza 64, signé Julien Centaure.

Le premier tome, intitulé La traversée, relate le voyage d'un vaisseau Esperanza, le soixante-quatrième du nom, au départ d'une Terre saturée à tous points de vue, parti coloniser une exo-planète orbitant autour de l'étoile Epsilon Eridani dans le cadre du projet international Exodus par lequel les humains, plus ou moins consentants, vont essaimer dans l'univers. Dans les soutes du vaisseau, en état de cryogénisation, environ 25 millions de personnes tirées au sort.

Essayant de planifier un voyage dont on ignore presque tout, en usant de frondes gravitationnelles pour acquérir la vitesse nécessaire tout en assurant la trajectoire voulue, et c'est parti pour un voyage d'environ 15000 ans pour parcourir les quelque 10 années-lumière qui nous en séparent. À l'arrivée il faudra aussi être capable de freiner, en profitant là encore du champ gravitationnel de l'étoile.

La lecture de ce premier tome laisse une impression de vertige devant l'immensité de l'espace, du temps et des difficultés qui se présentent à l'équipage, qui se réveille de sommeil cryogénique à intervalles réguliers pour assurer la maintenance du vaisseau dont même les isolants électriques subissent une dégradation due au temps qui s'écoule si lentement. Il n'est pas rare qu'entre deux chapitres quelque 5000 ans se soient écoulés. Que s'est il passé sur Terre entre temps ?

Les trois tomes suivants, intitulés respectivement Terra, Sécession et Lumière, sont davantage consacrés à l'adaptation à un nouvel environnement et surtout au développement d'une société différente sous l'impulsion de l'héroïne, qui endosse le rôle d'une Guide qui détermine le destin de l'humanité colonisatrice. Il s'agit bien sûr de ne pas reproduire les erreurs commises sur Terre, à commencer par le respect de l'environnement, et peut-être offrir un visage plus civilisé de l'humanité aux autres civilisations qui ne manquent pas de se manifester.

Ces objectifs louables justifient-ils la mise en place d'une dictature écologique ? Toutes les méthodes employées sont-elles légitimes ? Le silence sur ces méthodes est-il complice ? Jusqu'où faudra-t-il aller pour vraiment changer la nature humaine ? Comment gérer les oppositions ?

Les questions soulevées relèvent souvent de la philosophie politique utopiste, mais pas naïve, le tout sur fond d'aventure spatiale, moins isolée que celle du premier tome mais tout aussi passionnant.

Une série qui m'a vraiment tenu en haleine et dont on tourne la dernière page avec regret. Je la recommande vivement aux amateurs de « space opera ». On est loin de Star Wars mais le fond est nettement plus intéressant.

samedi 1 juin 2019

Phobos, par Victor Dixen

Changement de registre aujourd'hui, j'aimerais partager une histoire qui m'a beaucoup passionné ces derniers temps. Phobos est un roman (ou plutôt d'une série de romans) de science-fiction écrits par un auteur de la « nouvelle génération », Victor Dixen. et parus chez Robert Laffont.



Dans cette œuvre, située dans un futur proche non précisé, on suit l'épopée d'une colonisation de Mars initiée par la NASA, du moins jusqu'à ce que celle-ci soit vendue, comme toutes les agences gouvernementales américaines, par le nouveau gouvernement issu du parti hyper-libéral. Pour rentabiliser l'affaire, le fonds d'investissement privé Atlas capital mise sur un programme de télé-réalité nommé Genesis, consistant à envoyer un groupe de 6 jeunes filles et 6 jeunes garçons de toutes nationalités faire du speed-dating dans l'espace durant les 5 mois qui les emmènent jusqu'à la planète rouge à bord d'un vaisseau où il ne pourront se voir que par épisodes de 6 minutes. Et tout leur voyage sera bien sûr retransmis en permanence sur une chaîne de télévision dédiée.

Je n'en dirai pas davantage sur l'intrigue, vraiment bien ficelée qui fait qu'on a du mal à reposer le livre une fois qu'on en commence la lecture. Le tout est divisé en 4 tomes (le dernier, paru en 2017, étant l'équivalent en longueur des 3 autres), on y aborde des thèmes aussi divers que la dictature des images, la survie en environnement hostile, les blessures physiques ou psychiques du passé, le pouvoir politique et la dérive autoritaire, la manipulation des masses, l'écologie ...

Je recommande vivement cette série, et me prends à rêver peut-être un jour d'une adaptation au cinéma!