lundi 29 mai 2023

Ghost @ Lille (le Zénith) le 26/05/2023

Vendredi dernier avait lieu le concert de Ghost à Lille (au Zénith) et comme d'habitude en voici le compte-rendu par le menu.

Après avoir récupéré mon grand au lycée à 18h, nous filons droit vers Lille, en évitant l'A1 source de toutes les craintes. L'A23 roule bien mais il faut y accéder en traversant ces patelins peuplés de tracteurs et de gens pas pressés ! On sait de toute façon que les bouchons lillois nous attendent, et ça ne rate pas à la sortie de la voie rapide, car le boulevard qui mène au Zénith est complètement bouché. On compatit avec ces pauvres feux rouges qui doivent se sentir bien inutiles ce soir. On finit par y arriver, mais on n'est pas encore rentrés dans la salle : la file d'attente très disciplinée serpente sur le trottoir. Mais patience et bonne humeur sont au rendez-vous, et on a amplement le temps de dévorer nos sandwichs (jambon camembert cornichons pour ma part (intéressant hein)). On peut aussi constater que nombre de spectateurs ont adopté le style vestimentaire en phase avec le groupe vedette du jour. On a ainsi croisé un pape diabolique et plusieurs nonnes sexy et un rien fantomatiques.

Malheureusement le temps d'arriver dans la salle à 20h pile (heure indiquée sur les billets), nous avons raté le premier groupe de la soirée, les allemands et suédois de Lucifer emmenés par la chanteuse Johanna Sadonis. Un groupe que je ne connaissais pas et que je regrette vraiment de n'avoir pu écouter ce soir, d'autant que ce que je peux en voir sur Youtube me semble d'excellente qualité dans un style classic rock très 80s avec de bons soli de guitare. Vraiment dommage.

La scène se prépare pour le groupe suivant, les canadiens de Spiritbox, juste le temps pour nous d'aller nous hydrater (4,50€ la bière pression de 25cl, ce ne sont pas les buveurs qui abusent ce soir !).

Spiritbox donc, groupe que je découvrais ce soir, quatuor originaire de Vancouver. Je n'ai pas du tout accroché. S'ils recueillent bien sûr un accueil poli, le son est extrêmement brouillon avec une basse qui annihile le peu de mélodies et rend l'ensemble assez désagréable. Beaucoup d'éléments de musique électronique pré-enregistrés, une chanteuse qui fait ce qu'elle peut dans un style hurlé (on pense parfois à In This Moment sur ce point) type *-core auquel je n'adhère pas du tout. Un style résolument métal à l'américaine, vraiment pas ma came, mais il en faut pour tous les goûts.

Nouvelle pause en attendant la tête d'affiche de la soirée, Ghost donc. Moment amusant lorsque, le temps d'installer le décor, de la musique est diffusée avec en premier le fameux Take On Me de A-Ha repris en chœur par le public du Zénith, désormais plein comme un œuf.

J'en profite pour préciser que les vidéos intégrées dans cet article ont été filmées par mes soins ou ceux de mon fils (merci Vic!), et qu'elles sont passées sans encombre à travers les filtres de Youtube qui veillent au respect des droits d'auteur (la bande son a été reconnue mais déclarée "sans impact" sur la visibilité - ce n'est pas toujours le cas).

La scène est maintenant partiellement masquée par un rideau blanc qui tombe du plafond, derrière lequel les techniciens s'affairent. Étant installés légèrement de biais, on aperçoit tout de même déjà quelques éléments du décor, qui promet d'être magnifique.

Installation du décor de Ghost
Le diable lui-même était présent

21h45 les lumières s'éteignent, juste à temps pour éviter qu'un spectateur ambitieux au bas des tribunes n'entraîne tout le public dans une macarena improbable. Le rideau s'éclaire et la musique d'intro Imperium commence, avant de tomber d'un coup dans une explosion pyrotechnique révélant le décor et l'ensemble du groupe. Tobias Forge (alias Cardinal Copia, Papa Emeritus I, II, III, IV) arrive et entame le morceau Kaisarion, qui ouvrait leur dernier album studio complet en date (Impera, 2022).

Setlist Ghost:

  1. Imperium / Kaisarion
  2. Rats
  3. Faith
  4. Spillways
  5. Cirice
  6. Hunter's Moon
  7. Jesus He Knows Me (Genesis)
  8. Ritual
  9. Call Me Little Sunshine
  10. Con Clavi Con Dio
  11. Watcher In The Sky
  12. Year Zero
  13. Spöksonat / He Is
  14. Miasma
  15. Mary On A Cross
  16. Mummy Dust
  17. Respite on the Spitalfields

Rappels:

  1. Kiss The Go-Goats
  2. Dance Macabre
  3. Square Hammer

L'exécution est impeccable et le décor proprement somptueux, avec en particulier un fond de scène en forme de cathédrale dont les vitraux représentent Papa Emeritus dans toute sa gloire. Les éclairages nombreux et toujours bien pensés mettent bien en valeur l'ensemble du groupe, sans systématiquement se concentrer sur le chanteur. Les guitaristes en particulier sont bien mis à l'honneur, comme le montrent les vidéos ci-dessous, notamment celle de Cirice. La batterie trône au centre de la scène sur une estrade qui la met bien en valeur. Mon seul regret est qu'on a du mal à distinguer, au fond de la scène, la dernière rangée de musiciens : le claviériste et deux choristes dont on ne voit pas toujours les activités alors même qu'il leur arrive de compléter les instruments disponibles. Ce n'est qu'à la fin, lorsque le groupe vient saluer, qu'on a une vision claire du nombre de musiciens (9 en comptant le chanteur, tout de même !).

Tous les musiciens sont masqués, ce sont les nameless ghouls. Ça fait partie de la mise en scène, l'identité du chanteur elle-même ayant été longtemps gardée secrète (jusqu'en 2017). En tout cas tous sont d'un niveau vraiment excellent, et (désolé de me répéter) j'ai été très impressionné par le jeu précis et tranchant des deux guitaristes principaux et du bassiste. Le son est fort mais assez bien équilibré, c'est important.

La setlist fait bien sûr la part belle au dernier album du groupe Impera mais pioche un peu dans tous les albums du groupe (pas si nombreux si on exclut les EP). Ainsi on enchaîne avec Rats puis Faith (album Prequelle, 2018).

Ensuite le chanteur annonce Spillways (album Impera), puis c'est un classique qui déclenche l'enthousiasme du public : Cirice (album Meliora, 2015), dont le clip (j'en parlais ici en 2017) inspiré du film Carrie, lui-même tiré de l'oeuvre de Stephen King, était considéré comme un chef d’œuvre du genre. Les éclairages rouge sang sont de toute beauté et contribuent parfaitement à l'ambiance de ce titre lourd de menaces.

Ensuite vient Hunter's Moon (album Impera), que j'ai trouvé très entraînant pour le public (notamment lors des coups de grosse caisse au début du refrain que les guitaristes martèlent du pied), puis un véritable classique avec Jesus He Knows Me. Il s'agit bien sûr du titre publié par Genesis en 1991 (je viens de vérifier, je pensais que c'était plus vieux) qui se présente en satire des télé-évangélistes et prédicateurs américains. Ghost l'a repris sur son EP de reprises récemment sorti Phantomine (2023), dont Tobias parle dans cette interview, accompagné d'un clip officiel autrement plus incisif (certains diraient « trash ») que celui de Phil Collins et ses compères à l'époque. D'ailleurs, globalement tous les clips officiels de Ghost méritent le coup d’œil, ils sont une part intégrante de l'identité du groupe.

Je profite de cet instant reprise pour regretter, mais j'imagine que ce n'était pas facile de modifier la setlist en pleine tournée Imperatour, que Ghost n'ait pas rendu un hommage à Tina Turner disparue récemment, puisque son We Don't Need Another Hero figure lui aussi parmi les reprises de Phantomine. Cela aurait été un vrai plus ce soir.

Après ce morceau repris à pleins poumons par le public, vient Ritual (album Opus Eponymous, 2010), à la fin duquel on assiste à une petite querelle amusante entre les guitaristes. Puis vient le plus récent Call Me Little Sunshine (album Impera). J'ai adoré le jeu de lumières, évoquant un rayon de soleil justement, sur ce titre. Tobias a pour l'occasion changé de tenue, avec un retour au costume de Papa Emeritus qui a fait sa renommée.

Con Clavi Con Dio est un titre beaucoup plus ancien puisqu'il date de l'époque du premier album Opus Eponymous à nouveau. Sur ce titre Papa Emeritus balance son encensoir sans qu'il soit possible, étant à distance raisonnable, de savoir ce qu'il contient exactement. Ce morceau est suivi de Watcher In The Sky issu de l'album Impera, aussi efficace que blasphématoire. Toujours dans ce thème vient ensuite un monument dans la discographie du groupe, le titre qui l'a réellement fait décoller : Year Zero (album Infestissunam, 2013, c'en était le seul extrait ce soir). La foule ne s'y trompe pas et l'acclame comme il se doit. À nouveau j'ai été marqué par les jeux de lumières parfaitement synchronisés avec la musique, réhaussés par des flammes qui jaillissent de chaque côté de la scène... une vraie chorégraphie.

Le morceau suivant He Is (introduit comme sur l'album Meliora par une « Spöksonat » - sonate fantôme en Suédois) est tout en douceur, sans batterie et accompagné par la foule à la lumière des téléphones portables qui ont depuis longtemps remplacé les briquets d'avant. Magnifique.

Ensuite vient l'instrumental Miasma (album Prequelle), à la fin duquel on amène un sarcophage en verre contenant un pape (mort, probablement, ou au moins censé l'être) dont on s'amuse avec des feux d'artifice... jusqu'à ce qu'il se réveille et se mette à jouer le final du morceau au saxophone ! Drôle, décalé et vachement bien fait !


La fin du concert approche avec, avant les rappels, les titres Mary On A Cross (EP Seven Inches Of Satanic Panic, 2019), où le chanteur (redevenu « lui-même », en l'occurrence Papa Nihil) fait participer la foule puis Mummy Dust (album Meliora) avec ses roulements de batterie en introduction, et enfin Respite On The Spitalfields qui clôt l'album Impera sur une note plus mid-tempo. À cette occasion on a droit à une bonne dose de confetti lancés en l'air par des machines au pied de la scène, pour un très bel effet.

Le groupe se retire ... arrive le moment des rappels ! Le chanteur (qui a revêtu une magnifique veste bleue à paillettes) revient et harangue la foule ... « What do you want from me ? ».... « if I give you three songs, will you get the fuck out of here ? » ce qui déclenche l'hilarité.

Trois titres en rappel donc ce soir : d'abord Kiss The Go-Goat (EP Seven Inches Of Satanic Panic), avec une belle mise en valeur par les poursuites des guitaristes mais aussi du claviériste, puis l'imparable et entraînant Dance Macabre (album Prequelle) avec des lumières multicolores (et toujours une dominante violette et rouge) du plus bel effet et de nouveau une belle dose de confetti.

Alors que Dance Macabre se conclut et que le chanteur provoque la foule, le dernier morceau s'annonce : Square Hammer (EP Popestar, 2016) avec son riff imparable qui déclenche immédiatement l'enthousiasme de la foule qui chante (pas toujours juste il faut bien l'avouer) le refrain à tue-tête. La mise en scène est à nouveau marquée par ces lumières magnifiques qui se concentrent sur les guitaristes pendant les soli.

Ce dernier morceau se conclut avec quelques mots (gentils !) de la part de Tobias, et un rideau d'étincelles qui tombent du plafond. Superbe !

Il est à peu près minuit, c'est la fin de ce concert magnifique, l'un des meilleurs auxquels j'ai assisté du point de vue de la mise en scène. Il est temps de rentrer (pour une fois on n'a pas trop de mal à sortir du parking car les entrées ont été momentanément converties en sorties).

Merci Ghost pour ce concert inoubliable !

lundi 10 avril 2023

RIP François Hadji-Lazarro

On a appris il y a quelques semaines le décès de François Hadji-Lazaro à l'âge de 66 ans. Figure respectée du milieu rock alternatif et un peu underground parisien à partir du début des années 1980, sa disparition nous laisse tristes et nostalgiques de l'époque où, avec son groupe Les garçons-bouchers il avait notamment étrillé le « tube de l'été » d'alors, La Lambada avec le jouissif « La Lambada, on n'aime pas ça » dans une émission de variété quelconque à la télé du dimanche.

J'étais également très sensible à son autre groupe phare, Pigalle, avec lequel il avait notamment interprété « Dans la salle du bar-tabac de la rue des martyrs ».

Lui qui se disait globalement déçu et n'avoir pas une folle envie de vivre aura sans aucun doute laissé une trace de son passage. Adieu François !
 
Les Garçons-Bouchers : La Lambada, on n'aime pas ça!


 
Pigalle : Dans la salle du bar-tabac de la rue des martyrs


Pigalle : L'éboueur

samedi 24 décembre 2022

Sleigher nous souhaite un joyeux Noël avec South Of Lapland!

...oui, j'ai bien écrit Sleigher dans ce titre, je vous laisse déguster la vidéo ci-dessous. Pour les non-initiés, il s'agit d'une sorte de reprise/mash-up d'une chanson de Slayer, South of Heaven, sortie en 1988 (sur l'album du même nom, le quatrième de la formation californienne), et de diverses chansons de Noël. On reconnaîtra par exemple le Sarajevo 1224 de Trans Siberian Orchestra, Walking In The Air (repris en son temps par Nightwish d'ailleurs), divers chants traditionnels, une petite apparition de Megatron aussi... sans oublier Skeletor!

Un hommage appuyé également à Jeff Hannema, co-fondateur de Slayer, qui nous a quitté en 2013. May he reign in blood forever more!

Super bien fait dans le genre, c'est tout-à-fait jouissif, avec des paroles bien destroy, un clip irrésistible et des musiciens très talentueux, membres de plusieurs groupes dont Haken, Dream Theater, Protest The Hero, Inhuman Condition et des musiciens invités. Et ce tuba!

Tout bonnement incroyable, j'adore!

Et pour comparer avec le (vrai) South Of Heaven de Slayer, c'est ici !

mercredi 30 novembre 2022

Amorphis & Eluveitie @Lille le 20 novembre 2022

Après quelques années fortement compliquées par la pandémie, la saison des concerts est de retour et c'est avec un immense plaisir que je profite aujourd'hui de mon cadeau de fête des pères 2022 : des places pour le concert d'Eluveitie et (surtout) Amorphis à Lille en ce froid dimanche de novembre. L'occasion également d'emmener le fiston pour son second concert de métal après Iron Maiden à Bercy en 2018.

La veille je découvre sur le site de l'Aeronef que c'est en fait 4 groupes que nous verrons : Nailed To Obscurity à 18h, Dark Tranquility à 18h40, Amorphis à 20h et Eluveitie à 21h40. Cool.

Partis de la maison à 16h15, nous arrivons sur place à temps pour l'ouverture des portes à 17h30, le temps d'avaler notre sandwich. On repère rapidement les lieux, on se ravitaille au bar (tiens, un viking vêtu d'une peau de bête) et on s'installe devant la scène pour attendre l'arrivée du premier groupe.

Nailed To Obscurity

Nailed To Obscurity, groupe allemand inconnu au bataillon pour l'instant. Avant de venir j'ai regardé une de leurs vidéos en ligne (Liquid Mourning, voir un peu plus bas) qui m'a laissé une excellente impression. Le style est un doom avec noirceur et mélodie de rigueur, à la façon d'un Swallow The Sun que j'adore. J'ai hâte de voir ce que ça donne sur scène.

Le groupe arrive sur scène à l'heure prévue et débute son set. On est au 6ème rang à peu près devant la scène, et il faut bien avouer que le son a du mal à percer. La basse (ou peut-être la grosse caisse) est tellement sur-mixée qu'elle écrase tout sur son passage. Le chanteur a des parties claires sans doute très belles mais on ne l'entend même pas! Le chant death passe un peu mieux, mais il y avait clairement un manque au niveau de l'ingénierie sonore.


J'ai globalement bien aimé le son de Nailed To Obscurity ainsi que l'esthétique de leur show (notamment le fond de scène avec une image assez fascinante), et je pense que c'est un groupe auquel je vais m'intéresser à l'avenir et réécouterai dans de meilleures conditions.

Dark Tranquility

Setlist Dark Tranquility

  1. Identical to None
  2. Lost to Apathy
  3. What Only You Know
  4. Atoma
  5. Cathode Ray Sunshine
  6. The Dark Unbroken
  7. Hours Passed in Exile
  8. Phantom Days
  9. Misery's Crown

Après environ 30 minutes de set, Nailed to Obscurity se retire et les roadies s'affairent en préparation de l'arrivée Dark Tranquility. Un nom qui résonne chez beaucoup de métalleux forcément, groupe actif depuis plus de 30 ans dans un registre qualifié de death metal mélodique (c'est discutable), mais un groupe auquel je ne m'étais pas vraiment intéressé jusqu'à présent, au-delà de quelques titres trouvés sur des samplers de Rock Hard.

Eh bien quelle claque! Le groupe suédois a sans nul doute gagné des fans ce soir, dont moi-même ! Un son énergique bien sûr, mais ne négligeant pas la mélodie, et des ambiances variées. Le fond de scène est un écran sur lequel sont projetées des petites vidéos ou plutôt animations en lien avec les différentes chansons du groupe. On y retrouve notamment à un moment des illustrations d'horreurs cosmiques que n'aurait pas renié un H.P. Lovecraft.

Au niveau des titres (setlist ci-contre), j'ai été notamment marqué par What Only You Know, Atoma, Cathode Ray Sunshine et The Dark Unbroken, que j'ai particulièrement adoré.

Les musiciens étaient tous excellents, et le chanteur particulièrement jovial se montrait très heureux d'être là pour nous faire vivre ce moment et faire participer le public en arpentant la scène de long en large. Attitude assez éloignée de l'image déprimante et dépressive cultivée dans certaines vidéos officielles (celle de The Dark Unbroken notamment).

C'est un groupe que j'aurai grand plaisir à retrouver, d'abord en écoutant leurs albums bien sûr, et peut-être sur scène si l'occasion se présente.

Ci dessous je partage une mienne vidéo tournée lors de leur arrivée, il s'agit du titre Identical To None, qui rend assez bien compte de l'ambiance générale. Comme d'habitude, de multiples autres vidéos se trouveront facilement sur YouTube.

Amorphis

Setlist Amorphis

  1. Northwards
  2. On the Dark Waters
  3. Death of a King
  4. Silver Bride
  5. Into Hiding
  6. Wrong Direction
  7. The Moon
  8. Seven Roads Come Together
  9. Black Winter Day
  10. My Kantele
  11. The Bee
  12. House of Sleep

20h pile... les roadies ont bien bossé (toute une armée sur scène pour tout préparer, c'est impressionnant) ... la pénombre s'illumine soudain de rouge vif et déjà les projecteurs diffusent une ambiance toute particulière accompagnée d'une musique d'intro. Le rouge se change en bleu tout aussi vivant tandis que la foule s'excite... Arrivée du claviériste et du batteur, puis les guitaristes, bassiste et enfin le chanteur Tomi Joutsen. Je suis toujours au 6ème rang, juste entre Tomi Joutsen et Esa Holopainen (guitariste).

Immédiatement on est mis dans l'ambiance avec Northwards qui déferle sur nous, sous d'impressionnant light show, qui culmine lors du refrain avec une alternance particulièrement hypnotique de bleu et de rouge ! Ce n'est vraiment pas un concert pour les épileptiques!

Le son est fort mais parfait de justesse. Seule la batterie nous pose un petit problème tant on est laminé par chaque coup de grosse caisse. Décidément le réglage des basses n'est jamais évident. Les ingénieurs du son font des réglages en cours de concert et ce point particulier s'améliore grandement dans les titres qui suivent.


Northwards, qui ouvre magistralement le dernier album du groupe (Halo, sorti en février 2022), nous plonge immédiatement dans l'univers mélodique et puissant du groupe comme le montre la vidéo que j'ai pu modestement filmer ci-dessous. Une parfaite entrée en matière, suivi bientôt de On The Dark Waters, extrait du même album.

Death Of A King (album Under The Red Cloud, 2015), avec ses mélodies à la guitare un peu orientales, et Silver Bride (album Skyforger, 2009) vont chercher un peu plus loin dans la carrière du groupe et se montrent toujours aussi imparables en live. Ce sont vraiment des morceaux enthousiasmants (et aussi plus faciles d'accès) qui emportent dès leurs premières notes l'adhésion du public. Tomi gesticule, brandit le pied de micro, mais il est toujours vocalement irréprochable. Le public participe très volontiers à l'appel du chanteur sur le refrain, notamment de Death Of A King.

Into Hiding qui vient après est un morceau beaucoup plus ancien puisqu'il date du deuxième album du groupe, Tales From The Thousand Lakes (1994)! Une époque où le style du groupe était bien différent (autres sonorités, autre style, autre chanteur...), mais un album que le groupe ne renie visiblement pas puisque deux extraits en seront joués ce soir. Tomi indique d'ailleurs que cet album fêtera bientôt ses 30 ans et sera mis à l'honneur ce soir.

Après ça retour au présent avec d'abord Wrong Direction, excellent extrait du précédent album Queen Of Time (2018), puis The Moon et Seven Roads Come Together extraits de Halo. L'énergie et l'enthousiasme sont partagés par tout le public qui chante comme j'ai rarement vu (c'est-à-dire mal mais beaucoup :) ). Ensuite on a un dernier retour vers le passé avec Black Winter Day et My Kantele, respectivement extraits de Tales From The Thousand Lakes et d'Elegy, troisième album sorti en 1996. À nouveau le contraste avec les chansons plus récentes est saisissant, mais l'interprétation est toujours aussi bonne.

On approche de la fin du concert avec les deux titres monumentaux que sont The Bee (album Queen of Time), titre (dont j'avais déjà parlé ici) que je trouve très différent des autres par la proéminence des claviers mais tout aussi excellent, et House Of Sleep, tiré de l'album Eclipse sorti en 2006 qui avait vu l'arrivée de l'incroyable Tomi Joutsen au chant. C'était avec cet album que j'avais découvert Amorphis, à l'époque grâce au titre The Smoke inclus sur une compilation célébrant les 20 ans de Nuclear Blast.

Ce dernier titre House Of Sleep conclut le concert en beauté, avec une mélodie imparable reprise en chœur par tout le public, qui en ressort avec le sourire jusqu'aux oreilles. Ci-dessous la vidéo que j'ai pu filmer à cette occasion.


Amorphis, un groupe vraiment incroyable et un concert absolument géant ce soir. Dommage qu'il n'ait pas duré plus longtemps ! Mention spéciale à l'ingénieur lumière également, un régal pour les yeux comme pour les oreilles !

 
Après le concert d'Amorphis le besoin de prendre un peu l'air se fait présent car la salle est un peu étouffante, mais malheureusement dehors on prend surtout l'eau! On se rabat sur le stand de merchandising où, le temps de dialoguer avec une machine CB finlandaise, on emporte un t-shirt de notre groupe préféré. Il n'y a déjà plus énormément de choix!
 
On retourne dans la salle et on s'installe cette fois un peu plus loin, entre le bar et la console de mixage (où on devrait logiquement bénéficier d'un son bien équilibré). Il reste un groupe ... Eluveitie!

Eluveitie

Setlist Eluveitie

  1. Exile Of The Gods
  2. Nil
  3. Deathwalker
  4. Epona
  5. Anu
  6. A Rose For Epona
  7. Thousandfold
  8. Ambiramus
  9. King
  10. Breathe
  11. L'appel des montagnes

Encore

  1. Aidus
  2. Ategnatos
  3. Inis Mona

De nouveaux instruments sont déjà installés sur scène : batterie, harpe électrique, cornemuse... tout paraît un peu encombré devant le (superbe) fond de scène évoquant un totem tribal qu'on devine fabriqué à partir du crâne d'un animal. Ambiance celtique assurée !

Après une courte intro, le groupe entame un de ses titres Exile Of The Gods, single tout récent (14 octobre 2022) prévu pour figurer sur le prochain album du groupe. S'ensuivent différents titres qui piochent dans les 8 albums studio sortis à ce jour.

Depuis les dernières fois où je les avais vus sur scène, en 2015 et avant ça au RaismesFest 2010, il y a eu quelques changements de line-up, dont le plus marquant a été le départ (avec quelque émoi me semble-t-il à l'époque) de la chanteuse (et vielliste) Anna Murphy en 2016, partie voler de ses propres ailes et fonder un autre groupe nommé Cellar Darling. Elle est depuis remplacée (au chant, en tout cas) par Fabienne Erni qui arbore fièrement son incroyable chevelure rousse (et qui assure la harpe en plus du chant).

La plupart des musiciens "non-ordinaires" (j'entends par là excepté batteur, guitaristes et bassiste) jouent plusieurs instruments: flutes, cornemuse, harpe, violon, vielle à roue et j'en oublie sans doute. Ça fait du monde car on dénombre pas moins de 9 personnes sur scène !

Parmi les titres qui m'ont marqué, je citerais

  • A Rose For Epona (album Helvetios, 2012) à la mélodie flutée imparable,
  • Ambiramus (album Ategnatos, 2019),
  • le plus agressif King (album Origins, 2014),

ainsi que les 4 morceaux qui ont clôturé ce concert:

  • L'appel des montagnes : comme en 2015, il s'agit de la version française de The Call Of The Mountains qui figure sur l'album Origins,
  • Aidus (sorti en juin 2022 et qui figurera sur le prochain album probablement) qui débute de façon entêtante par la prière au dieu Caturix (référence au titre qui figurait sur l'album Evocation II Pantheon en 2017 et dont je parlais déjà ici),
  • Ategnatos (tiré de l'album du même nom)
  • et l'inévitable Inis Mona (tiré de l'album Slania qui révéla vraiment le groupe en 2008).

Ce dernier morceau n'est autre que la version métal du fameux Tri Martolod breton (parfois repris avec mauvais goût en version rap) sans lequel on ne conçoit pas une setlist d'Eluveitie. Je colle ci-dessous les vidéos que j'ai pu faire de ces quelques titres, avec une qualité que j'espère pas trop mauvaise.


Le style du groupe évolue à la marge seulement je trouve, on reste sur le créneau folk-metal celtique avec des chansons soit en Anglais soit en Gaulois (!) avec un maximum de mélange de sonorités. Les thèmes restent majoritairement liés à la culture celte, mais on est clairement loin d'un fest-noz traditionnel. Les ténèbres et la guerre font partie du répertoire.

Le concert se termine à 23h et le temps de rentrer il est plus de 23h30. Dans la voiture, Amorphis a dominé le trajet comme il l'a fait ce soir, il faut bien le dire! Retour à la réalité, demain c'est cours à 8h, pour fiston comme pour moi!

dimanche 28 août 2022

Axel Rudi Pell: July Morning

Aujourd'hui quelque chose d'un peu différent, voici un morceau sur lequel je suis tombé par hasard. Il s'agit d'une reprise par Axel Rudi Pell d'un morceau écrit à l'origine par Uriah Heep (groupe que j'avais eu la chance de voir au RaismesFest 2010) : July Morning. Un album qui sentait bon la période hippie et influencé par la guerre du Vietnam avec ce mélange de synthé et guitare si typique (où on sent aussi l'influence d'un certain Deep Purple, bien sûr).

Alors ça ne nous rajeunit pas : si l'original date de 1971 (album Look At Yourself), cette reprise d'Axel Rudi Pell (le groupe) date de 2000 sur leur album The Masquerade Ball. Ces derniers restent d'ailleurs fort prolixes avec 21 albums studio au compteur en un peu plus de 30 ans (hors live et compilations) dont le dernier, Lost XXIII, est sorti en 2022.

Uriah Heep quant à eux célèbrent 50 ans de carrière et tourne en 2022 avec, comme la plupart du temps, un grand nombre de dates en Allemagne, au Royaume Uni, en Espagne et un peu partout en Europe ... mais une seule en France (le 16 octobre 2022 à l'Olympia). C'est deux fois moins qu'à Chypre... La France préfère le rap et la médiocrité.

Bref .... Voici ce chef d’œuvre de 10 minutes ! Enjoy, comme on dit au uni royaume.

jeudi 14 juillet 2022

Testament: Curse Of Osiris

Voici un groupe que j'aime beaucoup, du thrash un peu old school très efficace : Testament. Je partage ci-dessous la vidéo officielle, dévoilée ces jours-ci, de Curse Of Osiris. C'est tiré de leur dernier album en date (sorti en 2020 chez Nuclear Blast), Titans Of Creations.

vendredi 3 juin 2022

Eluveitie : Aidus

Un petit morceau d'Eluveitie ... ça fait longtemps non ? Voici Aidus, sorti aujourd'hui même chez Nuclear Blast.

Les superbes arrangements des instruments traditionnels mixés avec le métal le plus énergique donnent sa couleur unique à ce groupe. Les paroles reprennent une partie des incantations qu'on avait connues sur leur titre Catvrix, dont je parlais ici même naguère, avec en plus un chœur d'enfants cette fois.

Brillant!

Par ailleurs une tournée commune d'Amorphis et Eluveitie est annoncée pour novembre 2022, elle devrait passer par Lille ; je ne compte pas la rater!